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Santé

Près de la moitié des français présentent des carences en apports alimentaires Et vous ?

L’enquête INCA2, exploitée par le Credoc (Centre de Recherche pour l’Etude et l’Observation des Conditions de Vie), apporte des données très utiles sur la consommation de compléments alimentaires en France et, surtout, sur les déficiences nutritionnelles qui touchent une partie importante de la population.

Ce que cette étude montre, concrètement, c’est que les apports en nutriments sont de moins en moins bien couverts. Entre la baisse des besoins énergétiques, les habitudes alimentaires qui évoluent et les régimes plus fréquents, certaines carences ou insuffisances deviennent plus probables. Si tu te demandes si les compléments alimentaires peuvent aider dans ce contexte, la réponse est oui, mais à condition de les utiliser pour compléter une alimentation qui ne suffit pas, pas pour la remplacer.

Les compléments alimentaires servent justement à compléter ou pallier certaines déficiences en vitamines, minéraux, oligo-éléments ou autres nutriments, afin de soutenir l’équilibre nutritionnel et de limiter les conséquences d’apports insuffisants.

L’essentiel a retenir : l’étude INCA2 montre que certaines déficiences nutritionnelles restent fréquentes en France, surtout chez les femmes, les jeunes adultes, les personnes à faibles revenus et celles qui suivent un régime hypocalorique.

  • Les besoins nutritionnels ne sont pas les mêmes selon l’âge, le sexe et la situation de vie.
  • Le risque de déficience augmente sur plusieurs nutriments, dont le calcium, le fer, le magnésium et l’iode.
  • Les femmes sont plus exposées à certaines carences, notamment en iode.
  • Les régimes hypocaloriques augmentent le risque de déficit en nutriments essentiels.
  • Les compléments alimentaires peuvent réduire le risque de déficience quand ils sont bien choisis.
  • Le DHA et les oméga 3 jouent un rôle important pour le cerveau et l’équilibre cardiovasculaire.

Déficiences de la population française

La population française n’est pas homogène dans ses besoins nutritionnels. En pratique, ça change beaucoup de choses : un enfant en croissance, une femme en âge de procréer, un adulte qui mange peu, ou une personne âgée n’ont pas les mêmes besoins, ni les mêmes risques.

L’âge, le sexe, l’état de santé, l’activité physique et même le niveau de revenu influencent la qualité de l’alimentation. C’est pour cette raison qu’il ne faut pas raisonner en mode “un complément pour tout le monde”. Dans la réalité, on doit d’abord identifier le nutriment concerné, le niveau de risque et la cause probable de l’insuffisance.

Pour évaluer les déficiences nutritionnelles, l’enquête s’est appuyée sur les Besoins Nutritionnels Moyens (BNM). Les limites de sécurité retenues sont celles établies par l’EFSA, appliquées aux apports nutritionnels de la population sur 19 nutriments. L’étude a aussi mesuré :

  • le taux de pénétration des compléments alimentaires (vitamines et minéraux, plantes et éléments naturels, oméga 3)
  • leurs apports nutritionnels
  • leur contribution à l’apport nutritionnel total

Concrètement, cela permet de mieux comprendre si les compléments alimentaires ont un vrai intérêt nutritionnel ou s’ils restent marginaux. L’étude met en évidence une relation claire entre leur consommation et une diminution du risque de déficience, ce qui est particulièrement utile si tu es dans une période où ton alimentation est déséquilibrée, réduite ou monotone.

Le risque de déficience évolue différemment avec l’âge et avec les nutriments

On observe en effet que le risque ne progresse pas de la même façon selon les nutriments. Dans la pratique, certains besoins augmentent ou deviennent plus difficiles à couvrir, tandis que d’autres s’améliorent avec l’évolution des habitudes alimentaires.

  • Une tendance à l’augmentation du risque sur le calcium et les vitamines B1 et B6.
  • Une tendance à une diminution du risque pour la bêta-carotène et la vitamine B9.
  • Dans la majorité des cas, les déficiences atteignent un maximum entre 18 et 24 ans.

Ce point est important si tu es jeune adulte ou parent d’un jeune adulte : cette tranche d’âge cumule souvent alimentation irrégulière, repas sautés, budget limité et parfois régimes improvisés. Résultat, les apports en micronutriments passent souvent au second plan alors qu’ils restent essentiels au bon fonctionnement de l’organisme.

Une inégalité dans les déficiences en nutriments

Malgré un risque de déficiences relativement généralisé sur certains nutriments comme le fer, le magnésium et le calcium, certaines sous-populations sont plus touchées que d’autres. C’est un point que les professionnels observent souvent sur le terrain : les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets selon le profil de la personne.

Les femmes sont plus particulièrement touchées par le risque de déficience : la proportion de femmes adultes à risque de déficience en iode est nettement plus élevée que chez les hommes (35 % contre 0 %). Chez les jeunes femmes de 25 à 34 ans, la proportion atteint même 70 %.

Dans les faits, cela peut avoir des conséquences sur l’énergie, la fatigue, l’équilibre thyroïdien et, plus largement, sur le confort quotidien. Si tu es concernée, il est donc utile de regarder non seulement ce que tu manges, mais aussi la fréquence des aliments riches en iode, comme les produits de la mer, certains produits laitiers ou le sel iodé, selon les recommandations adaptées à ton cas.

Les femmes suivant un régime courent plus de risque de carence : l’enquête est catégorique : « Les populations suivant un régime alimentaire hypocalorique à finalité amaigrissante ou non, voient leur risque de déficience augmenter. »

C’est logique : quand tu réduis les calories, tu réduis souvent aussi la quantité totale de vitamines, minéraux et acides gras essentiels. Ce que cela implique, c’est qu’un régime mal construit peut faire perdre du poids tout en fragilisant l’équilibre nutritionnel. En pratique, il faut donc penser densité nutritionnelle avant de penser seulement restriction calorique.

Elle conclut que près de 80 % des personnes aux faibles apports ne respectent pas les besoins nutritionnels moyens du magnésium, et environ 71 % de l’iode et du rétinol. Contre respectivement 45 %, 34 % et 58 % chez les personnes ayant des apports énergétiques normaux.

Autrement dit, le problème n’est pas seulement “manger moins”, mais “manger moins bien”. Si tu manges peu, ton corps reçoit moins de nutriments clés, et certains manques s’installent plus vite qu’on ne l’imagine. C’est précisément là qu’un complément alimentaire peut devenir pertinent, à condition d’être ciblé et cohérent.

Un paramètre que l’on observe aussi chez les enfants : une distinction fille / garçon permet d’observer des risques plus élevés chez les filles, notamment pour l’iode (50 % de déficience chez les filles contre 33 % chez les garçons).

Chez l’enfant, ce type d’écart doit être pris au sérieux, parce que la croissance augmente les besoins et laisse peu de place aux apports approximatifs. Si tu rencontres ce problème dans ton cas, il faut d’abord vérifier l’alimentation réelle de l’enfant sur plusieurs jours, pas seulement sur un repas isolé.

Les populations les plus pauvres sont plus souvent soumises au risque de déficience de par leur déficit alimentaire : un effet du revenu apparaît de manière significative pour une douzaine de nutriments. Les populations aux plus bas revenus courent alors systématiquement un risque de déficience plus important (9 % en moyenne).

Dans la pratique, cela s’explique par une alimentation parfois moins diversifiée, plus monotone, ou plus riche en calories mais moins riche en micronutriments. Ce que cela change pour toi, c’est qu’un budget serré ne doit pas conduire à négliger la qualité nutritionnelle : certains aliments simples et peu coûteux restent très intéressants pour couvrir les besoins essentiels.

Une autre distinction apparaît concernant la diminution du risque de déficience avec la consommation de compléments alimentaires. L’effet de la consommation de CA est significativement bénéfique chez les femmes pour le bêta-carotène, le calcium, le cuivre, le fer, le magnésium, le sélénium, les vitamines B2, B6, B9, C et E, tandis que chez l’homme elle concerne plutôt le calcium, le cuivre, l’iode, le magnésium, le zinc, les vitamines B1, B6, B9, C et E.

Concrètement, cela montre que les compléments alimentaires ne répondent pas tous au même besoin. Il faut choisir selon le profil, les habitudes alimentaires et l’objectif recherché. C’est aussi pour cela qu’une supplémentation “au hasard” est rarement la meilleure approche.

Ce que l’étude INCA 2 confirme sur les oméga 3 et le DHA

L’étude INCA 2 confirme la grande étude SUVIMAX publiée en 2005, qui montrait déjà des carences d’apport alimentaire en oligo-éléments, vitamines et des déséquilibres entre les grands équilibres glucides-lipides-protéines.

D’autres études concernant les lipides ont montré des carences d’apport en acides gras polyinsaturés oméga 3 de type EPA et DHA, très préjudiciables à la santé cardiovasculaire et à l’équilibre inflammatoire. En pratique, ces acides gras participent à la lutte contre l’hypertension, l’hypercholestérolémie, l’hypertriglycéridémie et certains phénomènes inflammatoires chroniques.

Une précision importante concernant le DHA est nécessaire car il est considéré comme essentiel, c’est-à-dire devant être apporté par l’alimentation, le corps ayant beaucoup de mal à le synthétiser. Cet oméga 3 participe au bon fonctionnement des cellules cérébrales et, en cas d’apport insuffisant sur la durée, peut contribuer à un vieillissement plus rapide avec une baisse des fonctions cognitives comme la mémoire ou l’attention.

Si tu hésites encore sur l’intérêt d’un complément en oméga 3, la bonne question n’est pas “est-ce utile en général ?”, mais “est-ce utile dans mon cas ?”. Dans la majorité des situations, l’intérêt dépend de ta consommation réelle de poissons gras, de ton alimentation globale et de ton objectif de santé. C’est ce raisonnement qui permet de faire un choix pertinent, et pas une prise automatique.

Erreurs fréquentes à éviter

Quand on parle de compléments alimentaires, on voit souvent les mêmes erreurs. Les éviter te permet de gagner en efficacité et d’éviter des achats inutiles.

  • Prendre un complément sans savoir quel nutriment manque vraiment.
  • Multiplier les produits en pensant que “plus” veut dire “mieux”.
  • Remplacer une alimentation déséquilibrée par une supplémentation.
  • Ignorer les profils à risque comme les femmes, les jeunes adultes ou les personnes au régime.
  • Oublier que certains nutriments interagissent entre eux et doivent être choisis avec cohérence.

En pratique, le bon réflexe consiste à partir de ton mode de vie, de tes apports alimentaires et de tes besoins réels. Si tu veux agir intelligemment, il faut d’abord corriger les bases, puis compléter seulement si nécessaire.

Comment interpréter cette étude dans la vraie vie ?

Le message principal de l’enquête INCA2 est simple : les déficiences nutritionnelles existent, elles ne concernent pas tout le monde de la même façon, et les compléments alimentaires peuvent aider dans certains cas bien identifiés.

Ce que cela implique pour toi, c’est qu’il ne faut ni dramatiser ni banaliser. Si ton alimentation est variée, structurée et adaptée à tes besoins, tu n’as pas forcément besoin de supplémentation. En revanche, si tu es dans une situation de restriction calorique, de fatigue, de repas irréguliers, de grossesse, de croissance ou de régime spécifique, il devient pertinent d’évaluer plus finement tes apports.

Dans la pratique, la meilleure démarche reste souvent la suivante : observer ton alimentation, repérer les manques probables, choisir un complément ciblé si besoin, puis réévaluer les résultats. C’est plus fiable, plus rationnel et beaucoup plus utile que de consommer des produits au hasard.

FAQ

Les compléments alimentaires sont-ils vraiment utiles en cas de déficience nutritionnelle ?

Oui, ils peuvent être utiles quand l’alimentation ne couvre pas correctement certains besoins. L’étude INCA2 montre qu’ils peuvent réduire le risque de déficience sur plusieurs nutriments. En revanche, ils doivent compléter une alimentation adaptée, pas la remplacer.

Pourquoi les femmes sont-elles plus touchées par certaines déficiences ?

Les femmes sont plus exposées à certaines carences, notamment en iode. Cela s’explique par des besoins spécifiques, des différences hormonales et, parfois, des apports alimentaires insuffisants. Chez les jeunes femmes, le risque peut être particulièrement élevé.

Un régime hypocalorique augmente-t-il le risque de carence ?

Oui, un régime hypocalorique augmente souvent le risque de déficience. Quand tu réduis les calories, tu réduis aussi les apports en vitamines, minéraux et acides gras essentiels. Il faut donc veiller à la densité nutritionnelle des aliments choisis.

Quels nutriments sont les plus souvent concernés par un risque de déficience ?

Les nutriments souvent concernés sont le calcium, le fer, le magnésium, l’iode et certaines vitamines du groupe B. Le risque varie selon l’âge, le sexe et les habitudes alimentaires. Il peut aussi dépendre du niveau de revenu et du type de régime suivi.

Le DHA est-il vraiment indispensable ?

Oui, le DHA est considéré comme essentiel. Le corps le synthétise très mal, donc il doit être apporté par l’alimentation. Il joue un rôle important dans le fonctionnement cérébral et l’équilibre des membranes cellulaires.

Les compléments alimentaires conviennent-ils à tout le monde ?

Non, ils ne conviennent pas à tout le monde de la même façon. Leur intérêt dépend de ton alimentation, de ton âge, de ton sexe et de ton état de santé. Avant d’en prendre, il vaut mieux identifier le besoin réel et éviter les prises inutiles.


Thomas LefèvreThomas Lefèvre est un rédacteur professionnel passionné par la psychomotricité, la santé, le CBD et le fitness. Grâce à son expérience dans le domaine de la rééducation et du bien-être, il crée des articles informatifs et pratiques qui aident ses lecteurs à mieux comprendre leur corps et leur esprit. Spécialiste de la psychomotricité, Thomas partage des conseils sur l'amélioration de la coordination, de l'équilibre et de la posture.



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